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La Prière du Cowboy

Notre père qui êtes aux cieux, permets-moi quelques instants de réflexion afin d'apprécier ta bonté.

J'implore ta présence tout au long de cette compétition et je te prie de guider mes pas dans l'aréna de la vie.

Je ne te demande aucune faveur spéciale, mais aides-moi Seigneur, lors de la grande finale de la vie ou tu seras le dernier juge.

Car Seigneur, j'aimerais t'entendre dire que mon entrée est faite pour le paradis.

Ainsi-soit-il.

 

Avis à Tous !!!!!

Tous ceux qui ont des talents d'écrivain et qui ont envie de le partager avec des fans de rodéo, chevaux ou autre n'hésitez pas à me contacter

mailto:association_cowboy_est_canada@hotmail.com

Faites nous parvenir vos suggestions, elles seront lu c'est certain !!!

 

 

La naissance des rodéos au Québec

Je vais vous parler d'un couple de pionniers des rodéos au Québec, soit : mon père, Henri Riderosi et ma mère Suzanne Leblanc.

C'est en 1964 que mes parents ont assisté à leur premier rodéo (P.R.C.A Professionnal Rodeo Cowboy Association) au Painted Pony Ranch, Lake Luzerne dans l'état de New York, USA. À leur connaissance, ça n'existait pas au Québec, il y avait des concours de Gymkana, de la performance etc… mais pas des rodéos, ce fût une vraie découverte. Ils avaient tellement aimé le rodéo qu'ils ont fait leur voyage de noces à cet endroit l'année suivante.

C'est vraiment en 1967 que mon père a eu la piqûre des rodéos suite à la présentation du premier rodéo professionnel au Québec, sanctionné par la A.P.R.C.A (Canadian Professional Rodeo Cowboy Association), sur le site de l'Exposition Universelle de 1967. Les cow-boys venaient de l'Ouest canadien et le « Rodeo Stock Contractor » (fournisseur d'animaux à rodéo) venait de l'Alberta avec tout son équipement à rodéo portatif (manège) et les animaux à rodéo. Ce fût l'élément déclencheur, c'était devenu son rêve le plus fou. Mes parents ont donc décidé qu'ils allaient faire des rodéos-maison pour que les gars puissent se pratiquer et devenir de vrais cow-boys de rodéo et aussi faire connaître le sport du rodéo au public québécois. Il avait déjà un manège, en bois, car mon père faisait des classes de gymkana et ma mère des barils, sauf qu'il a dû apporter des modifications nécessaires pour la présentation d'un rodéo ce qui n'était vraiment pas évident à l'époque, car des chutes de « bronkage » et de départ pour les veaux et bouvillons de même que les « pens » (enclos), personne ne connaissait ça, alors, il a dû prendre le modèle sur celui des États-Unis. Ma mère, elle, s'occupait de faire venir le livre de règlements de l'association de l'Ouest Canadien la P.R.C.A. de même que toute la paperasse concernant les rodéos.

Son premier rodéo a donc eu lieu à la fin de l'été 68, chez nous au Henry's Ranch, sur le rang Presqu'ile à St-Paul l'Ermite, devenu Le Gardeur. Des classes de gymkana et de performance complétaient le programme puisque les participants et participantes dans les six épreuves officielles de rodéo n'étaient pas en nombre suffisant. Mon père louait des animaux tel que de gros taureaux, bouvillons, veaux et chevaux d'un cultivateur, ce qui faisait amplement l'affaire à l'époque.

Mon père voyait à tout. De plus, il compétitionnait dans les classes de Gymkana et dans une des épreuves de rodéo; la prise du veau au lasso, en plus d'être le cavalier de secours («Pick-up Men»).  Tandis que ma mère voyait au secrétariat et chronométrait. Parmi les participants, il y avait mon oncle, François Leblanc (Frank) qui compétitionnait en tant que « Roper/Dogger » (Prise du veau au lasso et le terrassement du bouvillon). Il a d'ailleurs poursuivit sa carrière de « Roper » pendant 30 ans de 1968 à 1998 plus particulièrement au Québec mais également avec le circuit de l'O.R.A (Ontario Rodeo Association) et aussi au Lake Luzerne, USA. Il fût, à ma connaissance, un des meilleurs, sinon le meilleur («Roper») au Québec. Il a depuis accroché ses lassos et sortit ses bâtons de golf. Plusieurs autres ont aussi fait leur marque dans le sport du rodéo au Québec et le seul, qui depuis 1968, à ma connaissance, fait encore le circuit de rodéo de l'association, dans la prise du veau au lasso, est Claude Bonneville, un excellent « Roper » d'ailleurs. Donc, tous les étés, des rodéos-maison avaient lieu, chaque fin de semaine, chez nous au Henry's Ranch. Tout le monde s'amusait à pratiquer son sport, soit le rodéo ou le gymkana.

Entre deux rodéos, mon frère est né en 1969 tandis que moi, l'année suivante. ontrairement à mon frère, je pense que j'ai ça dans le sang car, en bout de ligne, c'est aussi une affaire de famille.

En 1972, la Brasserie Labbatt avait choisi notre installation ainsi que nos cow-boys de rodéo pour tourner un commercial sur les épreuves de rodéo avec Willy Lamothe, lequel avait une doublure qui était un de nos cow-boys. Mon oncle Frank s'était distingué dans le « Roping/Dogging ».

À l'hiver 76-77 mon père décide de fabriquer un manège à rodéo portatif, en tuyaux soudés en sections, au cas ou il y aurait de la demande pour faire des rodéos dans des festivals au Québec.  Il y pensait de plus en plus car les rodéos-maison avec Gymkana ne lui suffisaient plus. Il avait vu juste, car dès l'été 1977, les chutes de broncage portatives furent indispensables. On lui à fait une offre qu'il n'a pu refuser, et ça tombait bien puisqu'il venait d'être mis à pied, soit de présenter des démonstrations de rodéo de mai à septembre, tous les jours au village Western de St-Tite-des-Caps, comté Charlevoix lequel ouvrait ses portes en mai 77. Donc, finit pour lui le gymkana.

Mon père avait acheté des « bucking horses » (chevaux de « broncage ») en Ontario chez un « Rancher » tandis que les taureaux, bouvillons et veaux venaient du Québec. Mes parents ont recruté une bonne équipe de cow-boys parmi ceux qui participaient à nos rodéos-maison let qui se devaient d'être très versatiles car en plus, tous devaient jouer dans des spectacles tels que des vols de banque ou toute autres mise en scène du genre Pow! Pow! T'es mort !  Mon père voyait à la bonne marche des spectacles et des démonstrations de rodéo de secours, tandis que ma mère annonçait et chronométrait. Mes deux cousins, Christian ( Christ ) et Daniel ( Dan ) David faisaient également partie de l'équipe de rodéo. Claude David, leur père, fût le premier artisant au Québec à fabriquer des selles western («maison») ainsi que des bottes de style « roper ». Pendant ce temps, ma tante Monique Leblanc faisait l'épreuve de Barils. Quelques années plus tard, le plus jeune des trois garçons, Alain, est devenu lui aussi un excellent « Roper ». Dan David avait le style de son oncle Frank. Il fut le premier au Québec à compétitionner dans les cinq épreuves officielles de rodéo, soit 3 épreuves de « broncage »:  Montée des chevaux sans selle, Montée des chevaux avec selle et la Montée des taureaux sauvages. Ainsi que 2 épreuves chronométrées: La prise du veau au lasso et le Terrassement du bouvillon. La sixième épreuve officielle est la course autour des barils et elle est réservée aux dames seulement. Dan était ce qu'on appelle un « All-around Cow-boys » puisqu'il s'était spécialisé dans la montée des chevaux avec selle. Il a d'ailleurs gagné le championnat du « First Frontier Rodeo Circuit » aux États-Unis dans cette discipline. Il a vécu au Texas un an afin de se perfectionner dans la fabrication de selles Western faite à la main, et finalement a immigré dans l'Ouest Canadien, plus précisément, en Alberta. En plus de compétitionner dans les rodéos professionnels P.R.C.A et C.P.R.C.A., il fabriquait sur commande des selles western, des sculptures en bronze et dessinait. C'est d'ailleurs lui qui a dessiné le logo de l'association lorsqu'il était président. Il était devenu le « French Connection » c'est-à-dire que les cow-boys d'ici qui se rendaient dans l'Ouest, séjournaient chez Dan David lequel leur apprenait tout. C'était la référence dans l'Ouest, un gars et un cousin exceptionnel qui est décédé accidentellement  ( en juillet 93 à l'âge de 33 ans, la semaine après avoir participé aux fameux Stampede de Calgary.) Son frère qui faisait les cinq épreuves de rodéo, était aussi un excellent « Bull Fighter » (divertisseur de taureaux).

Le contrat au village Western fût renouvelé en 78 mais seulement jusqu'en août puisque mon père avait loué son manège à rodéo portatif à Vold Rodeo, fournisseur d'animaux à rodéo de l'Alberta pour la C.P.R.C.A., lequel a présenté un rodéo professionnel au parc Jarry. Une bonne douzaine de nos cow-boys québécois ont d'ailleurs compétitionné lors de ce super rodéo. Ma mère avait été embauchée pour chronométrer et aider l'annonceur dans la description du rodéo en français.

Avec l'expérience acquise, c'est en 1979 que mes parents, sûrement les premiers, à ma connaissance, à le faire au Québec, ont décidé de se lancer dans la grande aventure. Il a décidé de produire des rodéos, en province, comprenant les 6 épreuves officielles, soit les 3 épreuves de broncage : Montée des chevaux sans selle, Montée des chevaux avec selle et la Montée des taureaux sauvages. Ainsi que 3 épreuves chronométrées; La prise du veau au lasso et le Terrassement du bouvillon et celle réservé aux femmes; la course autour des barils. C'est ça un rodéo sanctionné par une association reconnue à but non lucratif. Il a d'ailleurs été un des fondateurs de l'A.Q.C.R (l'association québécoise de cow-boys de rodéo). Ma mère en était la secrétaire/trésorière ainsi que la secrétaire du rodéo, car tous deux étaient pro-association. Il a formé tout son personnel de rodéo parmi les cow-boys qui étaient le plus versatiles et a ensuite fondé sa compagnie: Rodéo H.R Inc. Il a vendu son premier manège à rodéo portatif, car il était trop lourd. Il a donc eu à en fabriquer un autre en « tubing », beaucoup plus léger.

Ce fût un bon début. Nous avons même eu des compétiteurs de l'Ontario qui sont venus nous encourager car, déjà, à ce moment là, quelques uns de nos cow-boys québécois compétitionnaient sur le circuit Ontarien. Cela nous  donnait encore plus de crédibilité vis-à-vis des spectateurs. Bien plus, nos bonnes relations avec l'Ontario ont porté fruits immédiatement, car suite à un conflit à l'interne, le président de l'O.R.A. (Ontario Rodeo Association) à demandé à mon père d'être leur « Rodeo Stock Contractor » (Pourvoyeur d'animaux de rodéo) pour les finales de rodéo de l' O.R.A., ce qu'il accepta.

Mon père savait qu'il pouvait compter sur ses « Bucking Horses » (chevaux de broncage), surtout qu'ils avaient un mois pour se reposer. Par contre, il ne trouvait pas ses taureaux québécois assez performants surtout que les cow-boys ontariens avaient, à l'époque, une longueur d'avance sur nos cow-boys. Cependant il voulait être à la hauteur. Il a donc décidé d'acheter de vrais « Bucking Bulls » (taureaux à rodéo) « approuvés » de l'Ouest Canadien, qu'il fit venir de l'Ouest par train. C'était dispendieux mais les taureaux étaient garantis de « Bucker » (performer) sinon argent remis… Ce fût un succès bœuf, car au dire de tous, ce fût leur meilleure finale de rodéo.

( De 1979 à 1983 ), plusieurs participants sont devenus de bons cow-boys, notamment Roger (Toto) Lacasse, qui lui aussi a émmigré dans l'Ouest Canadien afin de se perfectionner. Il est devenu champion canadien de la C.P.R.C.A. (Canadian Professional Rodeo Cow-Boy Association) dans sa discipline soit la montée des chevaux sauvages sans selle. De plus, on l'a tous vu gagner en direct à la télévision le « Show Down » du fameux Stampede de Calgary, un exploit en soi, car tout comme Roger Lacasse, le gagnant de chaque discipline se méritait la bourse tant convoitée de 50 000$; Fallait le faire !!!

Vieux Port de Montréal - 1983

Après 11 années de relâche, donc en 1994, mon père est de nouveau sollicité pour opérer le même village western de St-Tite-des-Caps qui réouvrait ses portes. Quelle joie, car cette fois-ci, c'est moi qui aie prit la relève de mes cousins pour aider mes parents car j'avais une très bonne expérience des rodéos. J'ai donc quitté mon travail de gérante dans une boutique de mode et ce, sans aucune hésitation, car je savais dans quoi je m'embarquais. Avant de partir pour Québec, j'ai prit une clinique de Breakaway Roping (Prise de veau au lasso pour dames) avec mon oncle Frank, bien sur, afin de pouvoir faire des démonstrations de Breakaway roping tous les jours. Un rêve quoi! Je jouais (plutôt je m'amusais) dans les spectacles de cow-boys (vol de banque etc…) puis le soir j'étais barmaid au saloon. WOW! Quel été mémorable, ce fût extraordinaire.

En 1996, j'ai de nouveau collaboré avec mes parents, puisque mon père a fait revivre un ancien centre équestre à la Plaine qu'il a baptisé « rodéoDôme » j'en étais la directrice d'aréna, donc, je voyais à tout. Encore la, plusieurs cow-boys ont fait leur début, car à toutes les fins de semaine, on y présentait un rodéo. Donc, c'est à l'été 96 au RodéoDôme que mon père y a présenté son dernier rodéo sanctionné par l'association.

Depuis, mes parents ont définitivement prit leur retraite des rodéos, par contre, ils m'encouragent toujours car je compétitionne encore dans l'épreuve optionnelle du « Breakaway roping » pour dames au sein de l'association des cow-boys de l'est du Canada. (A.C.E.C)

Écrit par : Nancy Riderosi, directrice, Breakaway roping, A.C.E.C